Karangetang

Île de Siau – nord Sulawesi – (Indonésie)

Le volcan Karangetang se trouve à l’extrémité nord de l’île de Siau au nord de la Sulawesi à 8 h 00 de bateau de la ville de Manado. Ce stratovolcan culmine à 1 784 m et comporte 5 cratères sommitaux suivant une ligne nord sud. Il est l’un des volcans les plus actifs de l’Indonésie avec plus de 40 éruptions enregistrées depuis 1675.
En 1974 une coulée de lave a atteint la petite ville d’Ulu et a gagné ensuite la mer. Aujourd’hui les stigmates de cette coulée ont presque disparu, les blocs ont été concassés en tout petits fragments par les habitants de l’île et utilisés pour divers aménagements. Plus tard, en 1982, une nuée ardente a tué huit personnes qui récoltaient les clous de girofle dans la forêt.

Le volcan Karangetang culmine à 1784 m d'altitude. (Photo : André Laurenti)
Le volcan Karangetang culmine à 1784 m d’altitude.
(Photo : André Laurenti)

Après 8 h 00 de traversée à bord d’un ferry, nous posons le pied sur l’île de Siau vers 1 h 00 du matin. Nous nous dirigeons d’un pas décidé vers un hôtel rustique pour terminer la nuit et récupérer du voyage.
Au matin nous découvrons l’agglomération d’Ulu, avec son marché pittoresque grouillant de monde, où se mêle les parfums d’épices et les odeurs nauséabondes. Un peu partout sur les trottoirs les clous de girofle et les noix muscade sèchent au soleil et embaument les quartiers. Il est vrai que cette île est réputée pour ses épices de qualité. Nous sommes apparemment les seuls touristes aussi la population, enfants et adultes nous interpellent sans cesse « Hello mister, where you go ».
Durant la journée le sommet du volcan est resté encapuchonné de nuage, nous ne savons pas à quoi il ressemble.
Dans l’après midi, un transfert en « bemo » (petit véhicule de transport) nous conduit à un petit village situé à 500 m d’altitude au pied du volcan. Là, un porteur nous attend. Nous bouclons les sacs à dos et nous voilà partis sur un sentier ombragé très agréable et qui s’enfonce progressivement dans la forêt. Le sol est infecté de iules jaunes et noirs que nous essayons d’éviter tant bien que mal. Au bout d’une heure de marche, nous traversons des coulées récentes avant d’atteindre le lieu de campement situé à 730 mètres d’altitude.

Coulée de lave assez récente que nous avons traversée pour atteindre le campement dans la forêt. (Photo : André Laurenti)
Coulée de lave assez récente que nous avons traversée pour atteindre le campement dans la forêt.
(Photo : André Laurenti)

C’est sur cette coulée que nous pourrons observer le sommet du volcan, le seul endroit bien dégagé. Mais pour l’instant il est toujours dans les nuages. En revanche, la vue en direction de la mer est remarquable avec ses nombreuses îles.

La coulée permet d'avoir une vue dégagée sur les îles. (Photo : André Laurenti)
La coulée permet d’avoir une vue dégagée sur les îles.
(Photo : André Laurenti)

Tout le monde s’affaire à monter sa tente dans cette forêt bruyante animée par le chant persistant des cigales. John et le porteur ramènent du bois pour le feu et griller le poisson pour le diner.
Ce soir, le Karangetang ne se montrera pas, il restera enveloppé d’une couverture nuageuse,
Alors que nous venions de terminer le repas, John est attiré soudainement par quelque chose qui bouge au dessus de sa tente. Dans l’obscurité il s’approche avec prudence et saisi aussitôt un bâton, il s’agit d’un scolopendre et celui-ci est de taille. John en a peur car au cours de son enfance, il a été piqué par ce gros mille-pattes venimeux, il a eu une forte fièvre pendant trois jours. D’un geste rapide il l’envoie dans le feu.
Avant de se coucher nous rentrons toutes les affaires dans la tente pour éviter de désagréables surprises. A l’intérieur la chaleur est suffocante, pas le moindre brin d’air, sans bouger je ruisselle de sueur, la nuit sera longue.
Au petit matin, nous redescendons à Ulu sans avoir aperçu le Karangetang. Durant la journée le temps ne sera pas avec nous, de fortes averses tombent par intermittence.
Au lendemain le manteau nuageux commence enfin à se dissiper et finalement à dévoiler le volcan. D’abondantes fumeroles s’échappent du sommet. En soirée nous ne distinguerons pas de rougeoiement .

Le volcan depuis la petite ville d'Ulu. (Photo : André Laurenti)
Le volcan depuis la petite ville d’Ulu.
(Photo : André Laurenti)
Le Karangetang constitue une menace pour la petite ville d'Ulu. (Photo : André Laurenti)
Le Karangetang constitue une menace pour la petite ville d’Ulu.
(Photo : André Laurenti)

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