Saint-Pierre de la Martinique

L’éruption de la Pelée

Une escapade sous les tropiques suscite toujours autant de visions paradisiaques. On y passe des moments de rêves à flâner sous les cocotiers, à se baigner dans une eau à température agréable. Mais, si les plages et les cocotiers font toujours effet, on pense rarement aux manifestations volcaniques pouvant du jour au lendemain, transformer un paradis en un véritable enfer.
En juin 2013, en compagnie d’Élisabeth, Luc et Denis, de l’association Vulcain et L.A.V.E., nous débarquons en Martinique pour se rendre compte de visu de la terrible catastrophe qui a marqué le début du XXe siècle.

La Martinique n’est pas une île bien grande, elle apparaît en forme d’un haricot allongé. Elle s’étend sur 64 kilomètres du Nord au Sud, pour seulement 25 kilomètres dans sa plus grande largeur, le tout pour une superficie de 1080 km2.
Le Nord de cette île,  est habité par le volcan de la « montagne Pelée ». Il pointe son sommet souvent noyé de brume, à 1 397 mètres d’altitude. Malgré une humeur paisible, il laisse planer la dramatique douleur de sa dernière colère qui a façonnée et modelée le relief de cette partie de l’île.

En cette matinée du 8 mai 1902, l’histoire compta désormais un nouveau Pompéi. En effet, vers 8h00 du matin la ville de Saint-Pierre ainsi qu’une flottille de bateaux furent anéanties par une nuée ardente dévalant la Montagne Pelée. La capitale commerciale de la Martinique est complètement détruite, en quelques secondes des milliers de vies ont été supprimées, des familles décimées. La presse de l’époque fait le rapprochement avec l’éruption du Krakatoa en août 1883 qui a coûté la vie à quarante mille personnes.
Volcan mythique, la Montagne Pelée qui domine cette ville de Saint-Pierre de ses 1 397 m, semble à présent bien endormie, mais pour combien de temps encore… ! L’épais manteau végétal qui l’enveloppe aujourd’hui, offre peu de repère pour entreprendre une lecture géologique.
Louis-Auguste Sylbaris, dit Cyparis prisonnier dans un cachot, n’est peut-être pas le seul survivant de la catastrophe, mais sa fortune le conduit à être présenté comme tel dans le cadre d’une attraction du cirque américain Barnum. Il est aujourd’hui indissociable des représentations liées à la catastrophe de 1902.
L’emplacement du cachot au pied du Morne Abel, sa position presque adossée au mur de clôture Est, ses murs épais et les rares ouvertures orientées à l’opposé du volcan ont protégé le cachot de l’effet de souffle dû à l’explosion du 8 mai 1902 et ont évité au prisonnier un contact direct avec une entrée massive de gaz brûlants.
Dans une lettre du docteur Pichevin on pouvait lire ceci : « 200 secondes ont suffi à anéantir Saint-Pierre et sa région, 25 000 âmes détruites de Sainte Philomène au Carbet, plus rien, rien. C’est le désert ou le silence encore plus absolu d’une immense nécropole, pas le plus petit cri d’oiseau ».
« Notre Dame de Bon Port » fut érigée en 1870, elle fut renversée lors de l’éruption qui détruisit Saint-Pierre.
Les habitants de Saint-Pierre avaient certes, bien constaté le réveil du volcan, mais avaient accepté de rester dans la ville. La population ne percevait pas la Montagne Pelée comme nous pouvons le faire aujourd’hui.
La ville protégée par les mornes et vallées qui la séparaient du volcan semblait être hors de porté des humeurs du volcan.

Durant notre séjour en Martinique, nous serons basés dans une camping sur les hauteurs de Saint-Pierre, au cœur d’une végétation extraordinaire et luxuriante. A partir de ce lieu, nous avons sillonné l’île un peu dans tous les sens, du Rocher du Diamant, à la Savane des Pétrifications, mais aussi, les villages de pêcheurs et la presqu’île de la Caravelle…

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