Sulawesi (Indonésie)

En septembre 2005, c’est le retour en Indonésie mais cette fois pour découvrir l’archipel de Sulawesi plus connu sous le nom des Célèbes. Située entre Bornéo et les Moluques, la Sulawesi est traversée par l’équateur, le climat y est relativement chaud.

Jeannine, Maurice et moi même faisons connaissance de John qui sera notre guide durant 15 jours.

Pour se dégourdir les jambes, nous débutons le voyage par une promenade dans le parc de loisir de Bantimurung, riche en variété de papillons. C’est aussi un excellent endroit pour savourer un instant de fraîcheur.

En fin d’après midi c’est en pirogue que nous naviguons sur le lac Tempe, une belle balade qui nous mène dans un village de pêcheurs constitué de maisons flottantes. Des maisons à la dérive formant un village sans nom.

Au bout de deux jours nous entrons en pays Toraja, la région chère à John.

Le pays Toraja se prête merveilleusement à la balade de village à village, entre les rizières et dans des paysages magnifiques.

Les maisons torajas sur pilotis appelées Tongkonan, aux toits de bambou arqué, ressembleraient aux bateaux sur lesquels les Torajas arrivèrent en Sulawesi depuis probablement l’Indochine il y a 2000 ans avant JC. Leur riche décoration reflète la position sociale des propriétaires. Sur ce poteau qui symbolise le mât du navire, on cloue les cornes des bêtes abattues, un signe de richesse.

Ce peuple refoulé vers l’intérieur des terres par les nouveaux arrivants étaient encore chasseurs de têtes il y a quelques décennies. Les Torajas sont fiers avenants et gais.

Randonner sur cette terre, c’est l’occasion d’entrer en contact avec les habitants, dans leurs occupations quotidiennes et de voir combien ils vivent en harmonie avec la nature. On voit ici comment le bambou est utilisé.

Le peuple de chrétien animiste serait arrivé ici, chassé par les Bugis de religion islamistes, ils ont donc appris à cultiver et sont devenus d’excellents fermiers cultivateurs sachant utiliser la moindre parcelle de terrain. La civilisation Toraja comprend selon les estimations entre 300 000 et 600 000 personnes disséminées sur 3 500 km2 environ.

La randonnée est aussi l’occasion de rencontrer les enfants. Curieux ils accourent sur notre passage et vous saluent en criant « Hello mister » ils rajoutent parfois « Gulagula » qui veut dire bonbons.

Chez le peuple Toraja, le moindre évènement inauguration d’une maison, mariage etc… est l’occasion pour organiser une cérémonie. A cet occasion des dizaines de cochons enfermés dans des cages en bambou attendent d’être sacrifiés.

Dans la tradition Torajanais, les obsèques sont des cérémonies les plus honorées. L’ordre successoral est assez étrange : l’héritage n’échoit pas aux descendants, mais aux parents qui assurent au mieux le bien être du défunt, ou qui sacrifiera le plus de buffle lors des funérailles.

Au cours d’une cérémonie on construit des maisons, on réalise des extensions destinées à accueillir les invités. Au centre de la place sont sacrifiés les buffles dont l’importance détermine le bien être dans l’au-delà.

Quelques mois après cette cérémonie, une 2ème fête a lieu au cours de laquelle on érige un mannequin de bois Tau-Tau à l’effigie du défunt. Les ossements sont placés dans un catafalque derrière de petites portes de bois dans la roche. Les Tau-Tau prennent place au balcon et veillent sur les vivants.

Les défunts les plus riches seront portés dans une niche taillée dans une paroi rocheuse. Le mort sera entouré de toute sorte d’objet qui l’aura accompagné durant sa vie. Cela peut -être par exemple un paquet de cigarettes si le défunt était un fumeur.

Rantepao est en quelque sorte la capitale du pays Toraja.

Avec sa tour eiffel.

Nous quittons le pays Toraja pour nous rendre à Manado au nord de la Sulawesi, chez le peuple des Minahasa, le pays des gens souriants.

Sans tarder nous embarquons pour l’île de Bunaken, une île réputée dans toute l’Asie pour la beauté et la richesse exceptionnelle de ses fonds marins.

A bord d’un trimaran local nous nous rendons dans le parc national de Tongkoko. C’est l’occasion de voir des macaques, des kalaos et surtout d’apercevoir l’un des plus petits mammifères de la planète le tarsius.

La Sulawesi était entre le XVI et le XVII ème siècle renommée à travers le monde comme étant le fournisseur d’épices. Noix muscade et clous de girofle embaument les rues des villages.

C’est enfin l’approche des volcans qui commence et mon envie grandissante de fouler les terrains volcaniques. Sur les flancs du gunung Mahawu les cendres ont mis de la force dans la terre.

Ce strato-volcan surplombe la ville de Tomohon au centre du pays Minahasa. Les dernières éruptions ont eu lieu en 1952 – 1958 et 1977.

Depuis le bord du cratère on distingue 100 mètres plus bas un petit lac d’acide vert pâle, des marmites bouillonnantes, des solfatares et quelques faibles fumerolles qui sont émises sur son pourtour. Avec John nous descendons jusqu’à la terrasse qui surplombe le cratère, juste pour approcher de plus prêt.

En fin d’après midi c’est l’embarquement à bord d’un ferry traditionnel, plutôt rustique, pour 7 h de traversée qui nous mène sur l’île se Siau encore plus au nord et très proche des Philippines.

Le marché de Ulu est très pittoresque avec des fruits inconnus à peau de serpent et autre.
En Indonésie il n’y a pas de sots métiers, ici ce casseur de cailloux passe son temps à l’aide d’une massette à calibrer des cailloux destiné au soubassement de route etc…

Le petit village d’Ulu est situé au pied d’un volcan actif le Karangetang qui culmine à 1 782 mètres. L’accès au Karangetang n’est pas facile, nous montons jusqu’à 730 m d’altitude où nous installons les tentes dans la forêt.

L’extrême de la chaleur humide qui vous engourdit vous liquéfie dès le matin. Nous sommes obligés de rester couvert en raison des plantes et surtout de bêtes venimeuses.

Depuis que nous sommes sur cette île nous n’avons pas pu voir le sommet toujours enveloppé de nuage. L’accès au sommet est impossible par ici, cette seule voie d’accès est très risquée car elle emprunte le couloir dans lesquels descendent fréquemment les coulées de lave et aussi les nuées ardentes.

En janvier 2001 ce volcan a connu une activité explosive, le 28 janvier une coulée pyroclastique a dévalé les pentes sur plus de 1 500 m. Le 2 juin 2000 3 touristes ont été tués par une nuée ardente et en 1992 six habitants qui récoltaient des clous de girofle ont été tués aussi par une nué ardente.

On a vraiment le sentiment d’être sur une bombe à retardement dont on voit fumer la mèche sans en connaître la longueur.

En 45 mn de traversée en simple barque à moteur, nous débarquons sur l’île de Mahorok et Manung Pitaeng. Nous passerons la nuit à la belle étoile sur ce bout de terre appelé aussi l’île aux pirates.

De retour à Manado nous visitons le lac Linow étrangement coloré par les gaz sulfuriques dont d’innombrables bulles viennent éclater à la surface de l’eau

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